Le projet

L’idée


Q: Tout a commencé quand j’ai su que je partais au Vietnam en mobilité internationale pour ma 4ème année d’architecture. Formidable opportunité pour moi d’aller étudier à l’étranger et dans un pays très différent de la France.

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Depuis que j’ai commencé à travailler sur les chantiers j’ai été très intéressé par tout ce qui touche à la construction. Chaque voyage était donc l’occasion de voir comment ils faisaient ailleurs. Mon BTS en Système Constructif Bois et Habitat m’a permis d’avoir des connaissances techniques et de comprendre plus facilement la construction. Quand à ma licence d’Architecture, elle me permet de poser un regard critique sur les bâtiments que j’observe. J’allais donc profiter de cette année pour observer et apprendre l’architecture au Vietnam et dans les pays d’Asie que j’aurai le temps de visiter.

Quand la question s’est  posée d’acheter les billets d’avion, je me suis rappelé une idée que j’avais eu à 18 ans. Prendre une petite moto, 125cc, et partir jusqu’à Thaïlande avec. Aller au Vietnam en 2 mois c’était pas possible, mais rentrer ???

En voyant le travail d’Hellen avec ASF ca m’a rappelé un cours de M. Perez que nous avions eu en 1ere année. Il avait observé dans une partie de l’Himalaya l’architecture des habitations. Pourquoi telles formes, tels matériaux, tels emplacements… J’avais trouvé ce cours très intéressant s. Comprendre comment l’architecture est une réponse à un environnement. Ce qui allait à l’inverse de beaucoup d’architectures contemporaines qui sont souvent des objets, des œuvres architecturales que l’on pourrait trouver n’importe ou. D’ailleurs on peut retrouver le même style de maisons et bâtiments d’architecture « internationale » partout dans le monde.

Comme je commençais à me dire qu’il devait y avoir une quantité folle d’architecture différente entre Hanoi et Toulouse je me suis demandé si je pouvais associer ces deux idées. Un voyage à moto et une étude architecturale.

Je me suis immédiatement tourné vers Hellen car un tel projet pourrait surement l’intéresser. Il n’aura pas fallut longtemps pour qu’il ai considéré le pour et le contre et décidé d’y prendre part.

Dans un monde qui se veut de plus en plus connecté et dans une société mondialisée, il nous semblait important d’élargir nos horizons. En tant que futurs architectes, nous avons et aurons un rôle à jouer dans l’avenir de nos maisons, de nos villes, de nos pays.
Pourquoi alors se mettre des œillères et considérer une architecture correspondant obligatoirement à un modèle d’architecture internationale sans contexte ni autre raison d’être  que celle d’être un objet architectural ?

Le but? Découvrir d’autres façons de vivre, d’autres façons de construire l’architecture, observer où et comment vivent les gens en dehors de nos pays occidentalisés afin de penser l’architecture de manière globale et plus raisonnée, appréhender l’architecture de la débrouille.

Comprendre comment et pourquoi des populations construisent de telle ou telle manière en fonction de leurs possibilités, des ressources naturelles à leur disposition, de leurs cultures et religions et des conditions climatiques : telles sont nos motivations !

Que recherchons-nous à travers cette épopée ? D’abord une culture générale approfondie sur tous ces pays que nous ne connaissons pas. Ensuite, une ouverture d’esprit à un moment où certains mouvements nationalistes font de plus en plus de bruit. La montée du FN, les mouvements néo-nazis en europe de l’est, la candidature de Donald Trump…
Aller voir ailleurs comment les gens vivent, quelles sont leurs coutumes, comment ils occupent leurs villes et leurs maisons.  Apprécier autre chose qu’une architecture internationale que l’on peut feuilleter dans tous les magazines et qui nous est presque exclusivement enseignée à l’école d’architecture. Se rendre dans ces pays, dont beaucoup sont très pauvres, et où l’on crée de l’architecture avec presque rien.
Le monde va devoir s’adapter à une révolution écologique. Quelles sont alors les leçons que nous pouvons retirer de l’architecture de la débrouille, de l’architecture vernaculaire de ces pays culturellement très différents du notre ?

Juste avant de partir au Vietnam nous avons parlé de ce projet avec plusieurs enseignants de l’école de Toulouse notamment M Estevez et Mme Zarcos qui ont été fortement intéressés par l’idée. Nous étions donc deux, et soutenus par des enseignants ! Nous avons alors passé l’année à préparer le projet. Quel itinéraire, quelles motos, quels partenaires, quels financements, la nature exact de notre analyse, définir les fiches spécifiques aux habitations que nous réaliserons..

Après plusieurs entretiens nous avons eu l’accord de l’administration pour réaliser ce projet entre Juillet 2016 et Janvier 2017. Nous serons donc de retour en France pour le rendu final du semestre 9 ou nous présenterons notre carnet de bord avec nos fiches « habitant/habitât ».Capture d’écran 2016-03-14 à 11.22.44

Nos expriences


Q: Depuis mon départ de France le 12 Aout 2015 j’ai pu visiter quelques pays en Asie. Tous ces pays, très différents culturellement de la France le sont également entre eux, j’ai donc pu me rendre compte du travail qui nous attendait. Une diversité architecturale qui se retrouve surtout en campagne ou l’architecture vernaculaire est plus présente.

En Novembre j’ai voyagé avec un ami, Victorien, en moto au Vietnam. Nous avons traversé le pays du nord au sud, de Hanoi à Ho Chi Minh. Cette expérience m’a permis de réfléchir à la question logistique d’un tel voyage. 2500kms en moto, avec du beau temps, de la pluie, de la chaleur, du froid, rouler la nuit, enfin de quoi penser à ce que nous aurions du avoir mais que nous n’avions pas.

Le but de ce voyage n’était pas du tout architectural mais je me suis questionné sur ce que je voyais. J’ai donc mis en place les bases d’un protocole d’analyse afin de me préparer à ce travail. On voyait l’architecture changer d’une région à l’autre. Alors comment noter ces changements ? Comment choisir quelles maisons pourraient être intéressantes à étudier ? …

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H: J’ai eu pour ma part l’opportunité de réaliser plusieurs expériences d’étude d’habitat en France et à l’étranger. J’ai réalisé deux missions pour la délégation toulousaine d’Architecte Sans Frontière. Je suis allé à la rencontre d’habitants, d’habitats insolites, afin de réaliser des fiches habitant/habitât. Lors de ma deuxième mission nous nous sommes concentrés sur des habitats auto construits. Enfin j’ai eu l’opportunité de réaliser un workshop à Varna en Bulgarie dans le cadre de mon séminaire de master 1. Durant le workshop je suis allé à la rencontre d’habitants de quartiers en périphérie de la ville, et je me suis intéressé au rapport qu’il y avait entre l’habitat et les terres cultivées.

Ce projet avec est donc pour moi une continuité du travail que j’ai entamé avec Architecte Sans Frontière il y a trois ans.

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Anti Lovag – La maison bulle

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Nicolas Eydoux – Maison containers entérrés

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Virginie Farges – Yourtes

L’analyse


Comment analyser ces habitations de façon simple mais significative?

L’idée est d’avoir une base de comparaison purement cartésienne entre toutes les habitations. Il s’agit d’observer dans un premier temps le climat, la culture, la religion, les ressources naturelles et les techniques de constructions, pour avoir, dans un second temps, une approche plus sensible prenant en compte la lumière, l’ambiance, les espaces créés, nos impressions, le rapport à l’environnement proche et le rapport qu’entretiennent les habitants avec leurs maisons.

Le rendu


Avec des protocoles précis et rigoureux, nous allons utiliser un ensemble d’outils (photographie, relevé habité, axonométrie, texte, entretien) qui nous permettront d’effectuer ces observations.
Ce projet a lieu durant notre cinquième année à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Toulouse. Durant un semestre entier, nous allons parcourir deux continents et étudier l’évolution de l’habitat entre Toulouse et Hanoï. Tout en étant supervisés par nos professeurs à Toulouse, nous allons produire des fiches de présentation de chaque habitat que nous découvrirons. A partir de ces données relevées sur place, nous souhaitons réaliser une exposition et une publication afin de partager et diffuser largement notre travail.
En plus de la production des relevés, nous réaliserons un carnet de bord numérique au travers d’un blog, dans lequel nos amis, familles et partenaires ainsi que toutes les personnes intéressées par le projet pourront nous suivre durant notre périple.

En attendant les fiches finales voici un extrait des documents que nous produisons. Ces documents sont extraits de notre première analyse à Mai Chau au Vietnam.

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Maison étudiée

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Environnement de la maison étudiée

Mai Chau axo

Axonométriedétails légendé

Détail technique de toiture

 

 

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Plan habité

Les projets qui nous ont inspirés


MADE IN TOKYO – ATELIER BOW WOW :

Ce livre a été pensé comme un guide pour découvrir et comprendre le milieu urbain de Tokyo. Les auteurs ont choisi des bâtiments de la capitale japonaise en se demandant : Qu’est-ce qui est Made in Tokyo ? » . Après avoir traversé de part et d’autre la mégapole nippone, en vélo, à pied, en voiture et en train, ils ont réalisé cet ouvrage.

made in tokyo

madeintokyo_-8

http://www.bow-wow.jp/

BOURBOUZE ET GRAINDORGE

Ce projet réalisé par deux architectes français présente un inventaire de l’architecture du littoral méditerranéen suite à un périple effectué du détroit de Gibraltar au détroit des Dardanelles afin d’observer la composition de cette côte européenne très bâtie.   Carte bourbouze

Maison bourbouze

http://www.bourbouze-graindorge.com/